Expos

Chemins de vagues

Nadine Boulianne

Nouvelle série photographique /                                                                         

du 4 juillet au 7 septembre 2020 

Cette exposition est le résultat d’une réflexion sur l’idée du recommencement. Qu’il soit désiré ou subi, le recommencement est un exercice complexe où les certitudes sont souvent absentes. Dans cette perspective, la démarche de Nadine Boulianne a donc été intuitive. Elle a reconsidéré son processus photographique habituel et a choisi de revisiter des lieux qui ont pour elle une résonance intime et géographique : les rives du Saint-Laurent.

Cette série propose une succession de scènes qui, à l’image de nos questionnements et de nos souvenirs, semblent confuses. Les multiples expositions agissent à la manière d’une persistance rétinienne – des traces – sur le territoire qui se déploie. L’artiste pense et analyse le territoire comme un individu, lui prête des qualités humaines. En travaillant la superposition directe, elle accentue ce qui, selon elle, relie l’humain au territoire.

Les vagues s’échouent, emmêlées, comme les expériences qui s’accumulent en nous. L’horizon, comme l’introspection et la pensée, permet d’anticiper ce qui arrive, au loin. Les marais et les aboiteaux, à l’image de nos mécanismes de défense, protègent la grève de l’érosion. Le vent balaie la poussière de nos corps comme la mémoire s’efface lentement.

Pour réaliser cette série, l’artiste a travaillé avec un appareil Diana F et de la pellicule argentique noir et blanc de moyen format. Les particularités de cet appareil – sans réelle possibilité d’ajustement et, donc, de maîtrise de l’image – et celles de la pellicule illustrent le caractère incertain du recommencement. Les prises de vue ont été effectuées à Saint-André-de-Kamouraska et, lors d’une courte résidence, à Métis-sur-Mer.

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À l’automne 2018, Nadine Boulianne a participé à une classe de maître, menée par l’artiste Caroline Hayeur. Orchestré par Culture Bas-Saint-Laurent, ce séminaire de création se rattachait à la 10e édition de la Rencontre photographique du Kamouraska. L’artiste a exploré le territoire bas-laurentien, plus particulièrement les rives du fleuve. Fabriquant des allégories, Nadine raconte son expérience du recommencement. L’exposition qui en découle donne à voir le fleuve au-delà de la contemplation qu’il suscite naturellement.

Cette exposition, à découvrir dans nos salles en primeur cet été, sera également présentée à pareille saison l’an prochain, dans le cadre de la 10e Rencontre photographique du Kamouraska. Si la programmation principale de l’événement se tiendra à Kamouraska même, cette exposition satellite gravitera pour sa part aux Jardins de Métis (Grand-Métis).

 


 

Nadine Boulianne

Nadine Boulianne, artiste de la photographie et de la vidéo, trace depuis des années les contours de territoires intimes, géographiques, imaginés et imaginaires. Leurs convergences l’habitent, elle qui est sensible aux univers qui façonnent l’expérience humaine. Dans le cœur du Bas-Saint-Laurent, à Rivière-du-Loup, elle rapproche les détails de vastes lieux aux espaces intérieurs des individus. Elle croise alors l’intime et le grandiose, et cartographie les quotidiens d’autrui, toujours traversés par le temps. Ces portraits sont ainsi le reflet de vies parcourues par des rencontres, réelles comme intangibles; celles-là même qui accompagnent Nadine Boulianne dans sa mise en œuvre de séries parfois mystérieuses, parfois abstraites, mais toujours clairvoyantes.


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