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Programmation estivale 2022

Les expositions d'été du Centre d'art

À PARTIR DU 18 JUIN.

Le Centre d’art présente cet été une programmation multidisciplinaire en art actuel et en design dont la thématique s’articule autour du son, du mouvement et du paysage. Elle met de l’avant des propositions où l’environnement et le paysage sont au premier plan et témoignent de préoccupations contemporaines, d’un point de vue inclusif et poétique. À l’affiche cet été : trois expositions en salles et deux installations extérieures, qui ont toutes un caractère immersif, ludique, sonore ou multimédia, à quoi se greffent des projets inédits de médiation culturelle.

 

TROIS EXPOSITIONS EN SALLES
du 18 juin au 5 septembre 

Ils ont regardé la mer! / par Cynthia Naggar

Créée en 2016 et adaptée en 2022 pour sa présentation au Centre d’art de Kamouraska, Ils ont regardé la mer! est une installation vidéo interactive et sonore créée. Le ou la participant.e est invité.e à manipuler un capteur de fréquence cardiaque : ses battements de cœur contrôlent, en temps réel, le rythme des vagues projetées en vidéo. Étrange introspection du corps humain, l’œuvre établit un parallèle entre la fréquence cardiaque et le mouvement des vagues, évoquant la force qui nous lie à la nature. Cette mer anonyme, constituée d’images filmées ici et ailleurs, libère ainsi un nouveau souffle, un nouveau battement de cœur, collectif et puissant. Des sons électroacoustiques, en diapason eux aussi avec les battements, rappellent les palpitations du cœur, et font un clin d’œil au courant qui passe entre les différentes composantes électroniques de l’installation. Invitant à la contemplation, l’œuvre insuffle une réflexion poétique d’une douce simplicité sur ce qui unit l’être humain à l’environnement et au temps.

Artiste en arts médiatiques résidant à Montréal, Cynthia Naggar a étudié les médias interactifs à l’Université du Québec à Montréal. Elle a réalisé des courts-métrages, des performances et des installations multidisciplinaires faisant appel à la vidéo, à l’animation 2D et 3D, à l’électronique, au son et au mapping vidéo. Elle se sert de technologies actuelles et analogiques pour rendre visible l’invisible dans la nature et le corps humain, et en faire ressortir la poésie.

        Conception sonore : Tom Jacques 
        Images vidéos : Philippe Chaumette et Cynthia Naggar
        Programmation : Cynthia Naggar et Sonia Paço-Rocchia
        Accompagnement technique : Sonia Paço-Rocchia
 
        L'artiste tient à remercier le Conseil des arts du Canada de son     
        soutien

 

La Terre en suspens / par François Quévillon

Cette exposition sonde l’espace, le temps, la matière et l’énergie en juxtaposant l’univers tangible de l’environnement à celui du numérique. Constituées d’images provenant de formations géologiques et de fragments de territoires altérées par des algorithmes, les œuvres proposent de nouvelles perspectives sur l’évolution terrestre et les processus qui agissent sur elle.

La Terre en suspens fait écho aux mutations qui s’opèrent dans le paysage et aux manières dont les technologies affectent notre façon de percevoir l’environnement. Par le fait même, les œuvres questionnement notre rapport aux écrans et rappellent la nature minérale de leurs composantes. Des images mouvantes et instables, accentuées par une ambiance sonore, offrent des points de vue inusités qui permettent de voir à travers le relief et le temps. La stéréoscopie – qui consiste à produire un effet tridimensionnel à partir de deux images planes – est utilisée dans les œuvres d’impression lenticulaire et de réalité virtuelle. L‘ensemble du corpus évoque d’autres procédés d’observation scientifique – comme la radiographie, la microscopie et la téléscopie – et révèlent ce qui, autrement, est insaisissable.

François Quévillon travaille régulièrement dans le cadre de résidences au cours desquelles il rencontre les communautés, réalise des études sur le terrain et récolte la matière pour ses œuvres. Sa pratique interdisciplinaire aborde les bouleversements planétaires et ceux des représentations contemporaines en explorant les interactions liées à la problématique environnementale, aux enjeux de société et aux développements technologiques.

 

Format paysage / par José Luis Torres

À mi-chemin entre l'art et l'architecture, Format paysage se présente comme un ensemble sculptural qui invite à l’exploration et aux échanges. C’est une expérience à dimension humaine, associée aux notions de déplacement et de paysage. L’installation conviviale, créée in situ, est adaptée à la géométrie de l’espace et joue avec le rapport d’échelle en fonction de l’appropriation qu’en fait le public.

Sous la forme d’un jeu de mobilier, d’objets et de passerelles en bois dans lequel nous pouvons circuler, les différentes composantes paraissent s’assembler comme les morceaux d’un collage géant, dans un arrangement scénique qui offre des perspectives constamment renouvelées. Les structures colorées rappellent la palette chromatique et les motifs provenant de l’environnement bâti et des paysages de la région, tout en employant des matériaux trouvés de manière fortuite dans les environs.

Bien plus qu’un simple décor statique, le paysage et ses variations se dévoilent surtout parce que nous le parcourons; les sentiers et les chemins conditionnent notre regard et redessinent le panorama en permanence. Le résultat final de l’œuvre Format paysage est un dispositif sculptural qui incite à la déambulation et à la contemplation; elle suggère différents horizons afin d’amener le visiteur ou la visiteuse à considérer sa présence et son point de vue dans son appréciation du paysage qui l’entoure.

José Luis Torres détient un baccalauréat en arts visuels, une maîtrise en sculpture et une formation en architecture ainsi qu'en intégration des arts à l'architecture. Il cherche à créer des ponts entre les gens, motivée par un désir de lier les communautés, leurs histoires et leurs environnements. Sa pratique artistique s’articule autour de la notion d’appropriation de l’espace et des détournements de sens par le biais de gestes simples posés sur des matériaux issus de nos environnements quotidiens.

 

DEUX INSTALLATIONS EXTÉRIEURES
de juin à octobre

Mer du vent / par Emmanuelle Loslier et Camille Zaroubi
Avec la contribution de Sébastien Beaulieu, forgeron

Quelque 150 bouteilles en verre orientées vers le fleuve flottent devant le Centre d’art de Kamouraska. Disposées en éventail, sous la forme d’une vague, elles sont placées de manière à capter le vent provenant du large afin d’émettre, sous l’effet de la vibration de l’air, un bourdonnement harmonieux.

L'œuvre phénoménologique met en scène le vent, cet élément invisible et imprévisible, aux tempéraments multiples, qui façonne l’identité du territoire. Par jours de grand vent, les sons ambiants – la circulation, le fleuve, le chant des bouteilles – se superposent : de loin, l’installation émet un murmure; de près, une atmosphère. Pour varier les tonalités du chant des bouteilles, chacune est remplie de pierres et de galets. Le chaos créé par le vent est encapsulé et transformé en une étrange mélodie, rappelant la présence des cornes de brume des paysages côtiers. À la lumière du jour, le verre dévoile ses reflets, rappelant ceux qui sont générés par le mouvement des vagues sous le soleil. Évoquant la primauté de la nature, le socle de l’œuvre sera, au courant de la saison, envahi par les herbes folles. Le piétiner fait également partie de l’expérience.

L’œuvre s’inscrit dans une esthétique écologique et environnementale – les bouteilles sont recyclées, les matériaux sont durables –, suivant la philosophie du slow art. L’installation ne s’actionne pas et ne se consomme pas dans l'instantané, elle se savoure en plusieurs instants. Il faut être présent.e, attentif.ve et surtout patient.e. Influencée par la force du vent et de la lumière, Mer du vent est constamment en changement : chaque minute, chaque jour est différent. Cela n’est pas sans rappeler les phénomènes naturels qui se dévoilent souvent lorsqu’on ne s’y attend pas.

Emmanuelle Loslier et Camille Zaroubi sont tous deux architectes paysagistes et musiciens. Ils s’intéressent aux phénomènes naturels permettant l’activation du mouvement et du son dans leurs créations. À travers leurs projets, Emmanuelle et Camille cherchent à amplifier les valeurs sensorielles de l’environnement et à offrir des perceptions différentes du territoire en intensifiant les sons, les mouvements, les odeurs. Ils proposent des installations qui plongent le public dans des ambiances submersives.

Cette installation est une proposition satellite du Festival international de jardins des Jardins de Métis. Elle est produite grâce au soutien de Hélios Division Eau / Aquatech, Société de gestion de l’eau inc.

Dès la fin juin, une œuvre exclusivement sonore de médiation culturelle à propos de Mer du vent sera accessible au public. Créée par le musicien Antoine Létourneau-Berger, elle révélera des variations mélodiques juxtaposées aux paroles et à la perspective auditive de membres de l’Association des personnes handicapées visuelles du Bas-Saint-Laurent.

 

Mi-sauvage / par La société des plantes
Patrice Fortier et Nicolas Fonseca

Mi-sauvage est un projet interdisciplinaire en patrimoine immatériel qui vise à réimaginer la relation que nous entretenons avec les plantes spontanées comestibles – ces plantes considérées comme des mauvaises herbes. Il raconte des pratiques, connaissances et traditions qui caractérisent nos liens collectifs avec notre terroir culturel, souvent méconnu, à la frontière de la disparition et de l’oubli. Pourtant, les plantes spontanées comestibles ont des particularités singulières par le rôle qu’elles jouent dans un jardin cultivé, leur ancrage dans l’écosystème de l’autosuffisance alimentaire et leurs propriétés médicinales.

Mi-sauvage se déploie en quatre volets interconnectés. Une installation végétale composée de jardinières accueille des plantes spontanées, adventices, en empruntant le langage des jardins formels ornementaux. Il se produit un renversement : sorties des champs et platebandes où elles s’installent habituellement de façon éparse, où elles sont invisibles, ces « mauvaises herbes » se trouvent ennoblies. L’aspect formel de l’installation, dont le design est signé par Isaac Pierre Racine, cadre notre regard et provoque une rencontre en bonne et due forme, harmonieuse, avec ces plantes. Se promener parmi elles : prendre acte de leur valeur.

Une œuvre sonore, réalisée par le musicien Maxime Éthier, accompagne l’installation végétale et les personnes qui s’y promènent. Dans une ambiance sonore peuplée de bruits de la nature, où s’immisce l’activité humaine, le semencier-narrateur explore le terme « mi-sauvage » en interrogeant notre rapport au cultivé et au sauvage, sillonnant un jardin qui se révèle comme lieu d’expression. Qui sont ces plantes adventices qui entretiennent avec les humains une véritable proximité, une générosité – disons – envahissante, mais également profitable? Leur présence génère des émotions paradoxales, entre attirance et répulsion; il faut apprendre à les voir, les reconnaître et les connaître. Prendre le temps d’écouter : s’approprier une occasion. Écouter l'oeuvre sonore en cliquant ici.

Une série d’ateliers, animés par l’architecte paysagiste Frédérique Bolté, propose des contenus matériels et intelligibles sur certaines plantes spontanées. Intégration, cueillette, préservation : des outils pour permettre aux participant.e.s de posséder des connaissances de base et de pouvoir ensuite les essaimer autour d’eux.elles. Certains usages de ces plantes sont bien connus, et d’autres beaucoup moins. Dans les meilleurs cas, les adventices choisies offrent plusieurs parties d’elles-mêmes et nourrissent tant la cuisine de tous les jours, la confiserie, la distillerie, que la médecine populaire, et peuvent en parallèle jouer un rôle avec les autres plantes du jardin, en tant que remède horticole ou encore en étant l’hôte d’insectes bénéfiques…

Puisque le patrimoine immatériel prend racine dans la transmission des savoirs, les ateliers répondent à un souhait ambitieux, celui de réanimer des savoirs immémoriaux. Y participer : poser un geste collectif d’affirmation.

Et pour s’assurer que ce patrimoine végétal s’inscrive dans la longévité et échappe à l’oubli, un zine rassemble de l’information complémentaire. Les plantes sont humanisées et le traitement visuel de cette œuvre graphique utilise les codes esthétiques du collage. Histoires, astuces, recettes, poésie, œuvre photographiée, bande-dessinée : le zine Mi-sauvage adopte une posture désinvolte et sensible, et rassemble notamment le travail de Jocelyne Gaudreau, artiste visuelle, Vincent Rioux, bédéiste, et Émile Lalonde, poète.

Dans son intégralité, Mi-sauvage est immersif, didactique, poétique et participatif. Il met en valeur une richesse sous-estimée – celle des plantes spontanées –, il rassemble les communautés, il lie les forces brutes de collaborateur.trice.s issu.e.s de différentes disciplines en un soulèvement symbiotique.

Les inscriptions aux ateliers débuteront en juin. La tenue des ateliers est rendue possible grâce à l’appui de l’Entente de développement culturel de la MRC de Kamouraska et du ministère de la Culture et des Communications. Merci aux jardinier.ère.s : Antoine Berton, Grégoire Jacob et Virginie Bernier.


 

Mille mercis à nos partenaires majeurs, sans qui il ne nous serait pas possible de présenter toutes ces propositions artistiques :

  • Le Conseil des arts et des lettres du Québec
  • Le Conseil des arts du Canada
  • La municipalité de Kamouraska
  • Le ministère de la Culture et des Communications
  • L’Entente de partenariat territorial entre le Conseil des arts et des lettres du Québec et les MRC de Kamouraska, de La Matanie, de La Matapédia, de La Mitis, des Basques, de Rimouski-Neigette, de Rivière-du-Loup et de Témiscouata, les villes de La Pocatière, de Matane, de Mont-Joli et de Rimouski, le Collectif régional de développement et Culture Bas-Saint-Laurent.
  • Madame la ministre Caroline Proulx
  • Madame la députée Marie-Ève Proulx

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